Auberge de mer : Un arrêté de mise en péril menace une dizaine de commerces

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L’auberge de Mer, fait l’objet d’un arrêté (mis à jour) du président de la Collectivité, portant péril ordinaire, affiché depuis la semaine dernière sur la vitrine de l’ancienne maison de la presse, face au cimetière de Marigot. La Semsamar, qui en a la concession, est ainsi sommée «d’effectuer les travaux de démolition de l’ensemble du bâtiment Auberge de Mer, sous deux mois à compter de la notification de la mise à jour de l’arrêté». 

La dizaine de commerçants locataires du bâtiment assurent ne pas avoir été informés directement par leur bailleur de la mise à jour de cet arrêté. «Nous n’avons aucune communication avec la Semsamar», déplore Jean-Baptiste, qui a ouvert son restaurant vingt et un ans plus tôt. Fin juin dernier, un premier arrêté de mise en péril était affiché. La Semsamar conviait par courrier les commerçants à une réunion deux jours plus tard.

« On s’est retrouvés devant la direction de la Semsamar et plusieurs experts en bâtiment, qui nous ont dit qu’il fallait qu’on vide nos locaux parce qu’ils allaient devoir démonter le bâtiment pour accéder à sa structure, considérant qu’il était dangereux», rapporte Jean-Baptiste qui explique avoir alors invité les experts qu’il n’avait jusque-là jamais vu rentrer dans les locaux, à venir dès le lendemain inspecter son restaurant, précisant qu’ils pouvaient accéder à la structure depuis la mezzanine. «Depuis, c’est silence radio. »

Parmi les commerçants, certains ont encore un bail commercial classique. Mais la plupart ont signé une AOT (Autorisation d’Occupation Temporaire du domaine public) il y a quatre ans, avec la Samagest (filiale de la Semsamar) qui a la gestion de la marina. En effet, le bâtiment étant sur le domaine public, le concessionnaire devait, selon la loi, faire signer une AOT et non un bail. La différence est lourde de conséquences pour les commerces : «C’est spécifié noir sur blanc que si demain ils doivent te dégager il n’y a aucune indemnité ni rien», explique Jean-Baptiste. «Est ce qu’ils comptent nous replacer quelque part, qu’est-ce qu’ils vont faire ici ? On ne sait rien du tout», poursuit-il.

Sans proposition de relogement pour l’instant, les quelque trente personnes travaillant dans le bâtiment n’ont aucune idée de la tournure que va prendre leur vie professionnelle à l’issue de ces deux mois de délais. Décidées à défendre leurs commerces, elles s’organisent en collectif et ont envoyé un courrier au président de la Collectivité pour lui demander de faire machine arrière. Si elles n’obtiennent pas gain de cause, elles prévoient de se tourner vers la justice pour contester la légitimité de la démolition.

Pour l’heure, la Semsamar n’a pas encore répondu à nos questions. Quant à la Collectivité, qui reprendra la gestion de la marina début 2019 et prévoit sa réhabilitation, elle déclare qu’elle sera «attentive aux propositions de relogement des commerces concernés par la Semsamar». La COM annonce par ailleurs qu’une réunion de travail sera programmée à cet effet prochainement.

(Plus de détails sur www.soualigapost.com)

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