Déconfinement : Daniel Gibbs répond aux questions des médias

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En présence de la 1ère vice-présidente, Valérie Damaseau, le président de la Collectivité, Daniel Gibbs s’est prêté au jeu des questions-réponses avec les journalistes, lors du point d’actualité hebdomadaire, réalisé le jeudi 4 juin dernier par Facebook Live.

1) L’ouragan Irma, puis cette crise sanitaire dont nous sortons progressivement, ont su être révélateurs de notre ultra-dépendance alimentaire. Pour autant, l’outil central de la filière “élevage” reste dans un état proche du Post Irma.

Quelles sont vos intentions vis à vis de cet outil structurant de la filière agricole et propriété de la Collectivité tant en termes de réparation que d’extension pourtant prévue ?

La première chose qu’il convient de préciser c’est qu’il n’y a pas eu de rupture dans l’acheminement des denrées alimentaires, lors de la crise que nous venons de traverser. C’est un point important à souligner. Bien évidemment, nous ne pouvons pas parler d’autonomie alimentaire, ce serait un abus de langage. Aussi, pour tendre vers plus d’autonomie, Saint-Martin doit travailler à la diversification de son économie et au développement des filières locales.

Saint-Martin ne bénéficie pas de foncier suffisant ou d’atouts naturels aussi propices que la Guadeloupe ou la Martinique pour développer l’agriculture. Mais l’élevage par exemple est un savoir-faire ancestral sur notre île, de même que certains cultivateurs ont obtenu d’excellents résultats dans la culture de fruits et légumes malgré les contraintes locales, notamment le manque d’eau.

Vous évoquez la filière agricole, et j’y intègre directement la pêche qui représente un secteur à fort potentiel, puisque beaucoup est encore à développer dans ce domaine.

Ce développement, que nous appelons de nos vœux, doit impérativement passer par la structuration des filières. La délégation économique de la collectivité y travaille avec les acteurs concernés et des actions sont programmées en ce sens sur le budget 2020. La collectivité a prévu 153 000 € pour la création d’un comité de pêche et l’immatriculation SW des navires sur son budget 2020.

Nous avons également programmé dans notre PPI 1.5M€ pour la création d’un quai de débarquement de pêche.

Nous apportons aussi un accompagnement aux entreprises du secteur qui doivent parvenir à se structurer pour être plus performantes. La Collectivité a monté un dossier de demande de subvention au titre du FEADER pour les entreprises du secteur, qui prendra en charge 90% des coûts éligibles à condition que les pièces fournies soient au complet.

J’ai souhaité également que des Assises de l’agriculture soient organisées et que des actions de valorisation des productions agricoles et artisanales locales se tiennent à Saint-Martin. Le premier marché nocturne devait d’ailleurs se tenir au mois de mai et nos travaux ont été interrompus et seront réadaptés au contexte.

Quant à l’abattoir, nous envisageons effectivement une montée en puissance de cet outil avec notamment un atelier de découpe et un lieu de commercialisation. Ces aménagements sont primordiaux pour asseoir davantage la filière de l’élevage et valoriser la production locale auprès du marché local.

2) Un grand flou règne autour de l’aéroport Princess Juliana et la reprise des vols commerciaux pour voyager sans motifs impérieux. Est-ce que vous avez des informations plus précises à communiquer à ce sujet ?

Nous sommes en relations permanentes avec nos homologues de la partie Hollandaise, l’Office de Tourisme travaille en partenariat étroit avec l’aéroport Princess Juliana pour justement préparer cette reprise.

Selon nos informations, une réouverture à la mi-juin pour les déplacements régionaux et une ouverture à l’international début juillet restent d’actualité au niveau de Princess Juliana.

Là encore, des discussions sont en cours entre nos autorités respectives.

3) Parmi les dispositifs d’aides aux communes et intercommunalités annoncés par le Premier ministre, le 29 mai dernier, l’Etat a étoffé ces dispositifs pour les territoires ultramarins et garantirait la compensation des revenus fiscaux sur l’année 2020 et 2021. Doit-on se considérer comme une commune, puisque nous en assumons aussi les compétences, et prétendre à ce dispositif ou doit-on considérer que notre autonomie fiscale nous exclue du dispositif national renforcé pour les Outremer ? La Collectivité négocie-t-elle déjà le fait d’exister dans les radars parisiens pour que notre statut particulier ne soit pas une nouvelle complexité à gérer dans les dispositifs nationaux ?

Le principe d’une compensation, d’une garantie des recettes fiscales, notamment liée à l’octroi de mer, à la taxe sur les carburants pour les communes et pour les régions d’Outre-mer, a été décidé par le Gouvernement : ce geste est estimé à environ 110 millions d’euros. C’est une initiative qui va dans la bonne direction, dans la mesure où les Outre-mer seront, certainement, plus impactées que la Métropole par la crise économique et sociale. Mais, à l’instar du Président de la Région Guadeloupe, je pense qu’on peut – et on doit – faire plus : cette somme de 110 M€ sur deux ans ne représente, finalement, que 19 € par citoyen ultra-marin par an…

Pour en revenir à Saint-Martin : La Ministre des Outre-mer a annoncé qu’un mécanisme de compensation serait aussi prévu pour les Collectivité régies par le 74. Nous serons bien sûr attentifs à ce dispositif.

Saint-Martin, comme toute collectivité de la République, a vocation à bénéficier des dispositifs de solidarité nationale et ce même si nous avons une autonomie fiscale.

C’est déjà le cas, en ce qui concerne les dispositifs sociaux (aides exceptionnelles de 100 € à 150 € aux plus démunis) et économiques (chômage partiel, Prêt garanti par l’Etat, Fonds de Solidarité) : on ne peut que s’en féliciter, même s’il faut constamment être vigilant sur l’attribution effective de ces aides (je pense ici au Fonds de Solidarité) ;

Par ailleurs, le plan annoncé par le Gouvernement évoque les taxes sur les carburants : nous sommes donc concernés, et à Saint-Martin elles représentent, selon les années, entre 15 M€ et 20 M€.

Nul doute que ces recettes seront impactées, en 2020 et très probablement en 2021, par la crise économique qui s’annonce.

Nous aurons donc vocation à recevoir de l’Etat, comme toutes les autres collectivités ultra-marines dans le cadre de ce plan, une juste compensation…

Enfin, même si nous n’avons pas d’octroi de mer, le fonctionnement et l’investissement de notre Collectivité dépendent du niveau de nos recettes fiscales.

En 2019, avec 107 M€ et au bout de plus de deux années d’efforts et de sacrifices, nous étions revenus au niveau d’avant IRMA, celui de l’année 2016, avec 105 M. €.

Cette nouvelle crise va nous faire revenir en arrière, et nous attendons une perte de recettes sur 2020 : entre 12 M€ (au mieux, si les restrictions aériennes sont enfin levées et si le tourisme repart en Juillet…) et 20 M€ (si ces restrictions se poursuivent, entraînant un effondrement du secteur touristique saint-martinois).

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