Biodiversité : Les lézards, des victimes d’Irma aussi

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Mesurer l’impact d’Irma et Maria sur les milieux naturels de Saint-Martin, et notamment sur les lézards. Telle était la mission de Jesse et Zilber, deux scientifiques associées à la Vrije Universiteit d’Amsterdam, venues à Saint-Martin en août 2018, en collaboration avec la Sint Maarten Nature Foundation.

« Les lézards occupent une place très importante dans la chaîne alimentaire locale en raison de leur grande abondance, et parce qu’ils se nourrissent d’insectes et servent de nourriture à de nombreux oiseaux. Toute augmentation ou diminution de la population de lézards sera donc probablement un signe de déséquilibre écologique global » explique la Sint Maarten Nature Foundation.

Jesse avait déjà collecté des données biologiques sur l’île en 2015 et 2016. Elle a donc pu comparer, en août dernier, les données actuelles, à celles d’avant Irma.

Les zones boisées ont perdu jusqu’à 90% de leur canopée. Ce qui augmente considérablement la température du sol. La végétation est aussi moins haute. La modification de la forêt a des conséquences importantes pour les lézards qui y habitent.

Avant, les forêts étaient principalement peuplées par des espèces sensibles aux températures élevées, et l’ombrage prodigué par le couvert forestier en faisait un sanctuaire pour une espèce de lézard typique de Saint-Martin : Anolis pogus ou Anole de l’Anguilla Bank.« Bien que le nom suggère le contraire, Saint-Martin est la seule île où on trouve actuellement cette espèce et l’Union internationale pour la conservation de la nature fait osciller son statut de vulnérable à en voie d’extinction » avance la Sint Maarten Nature Foundation qui prévient : « les dommages environnementaux causés par Irma ont considérablement réduit l’abondance d’A. Pogus dans les forêts. Les changements climatiques et futurs ouragans pourraient conduire à l’extinction de cette espèce, comme cela s’est produit sur d’autres îles ».

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