Air Caraïbes : la rentabilité avant tout

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Présent lors du Petit Déjeuner de l’Entrepreneur de la FipCom début octobre, Eric Michel, directeur régional Antilles d’Air Caraïbes s’est exprimé sur l’abandon de la ligne directe Paris/Juliana et la non-reprise du groupe Caire.

En préambule, Eric Michel a tenu à retracer l’histoire du Groupe Dubreuil Aéro qui détient plus de 97% du capital d’Air Caraïbes. En 2000, Jean-Paul Dubreuil qui vient de céder Air Vendée à Air France réinvestit aux Antilles et acquiert Air Guadeloupe qu’il rebaptise Air Caraïbes. En 2003, le groupe Dubreuil décide de se positionner sur le marché du long courrier au départ de Paris afin de compléter son réseau régional entre les îles de la Caraïbe. En 2009, la ligne directe Sint Maarten / Paris-Orly est ouverte. Elle fermera en août 2022, laissant le monopole à Air France / KLM et l’augmentation incessante des tarifs. Avec un chiffres d’affaires de 2,7 milliards d’euros réalisé en 2022, le groupe Dubreuil est, selon Eric Michel, la seul entreprise française rentable : « zéro euro de dette en sortie de crise sanitaire et un prêt de l’État entièrement remboursé sur des fonds propres ». Concernant la reprise de la ligne directe Paris/Juliana, vu la présence massive d’Air France sur la ligne et son volume important d’avions, Eric Michel et le groupe Dubreuil préfèrent actuellement se concentrer à établir une liste des lignes potentiellement rentables. Si la ligne directe Paris/Juliana demeure sur cette liste, l’enthousiasme d’Air Caraïbes à l’idée de la réimplanter n’est pas exacerbé : « Sur cette ligne, Air Caraïbes ne fait de l’argent que 5 mois par an, 7 mois sont déficitaires et le nerf de la guerre d’une entreprise, c’est la rentabilité ». Concernant la reprise d’Air Antilles et Air Guyane, Eric Michel s’est montré transparent quant à la situation : « Le groupe Caire, on le connait. Il fut un associé dans le passé et le groupe Dubreuil n’en garde que des mauvais souvenirs ». Il était donc hors de question pour Air Caraïbes d’envisager la reprise d’un groupe criblé de dettes, du certificat de transport aérien (CTA) et de l’agrément mécanique. La compagnie se réjouit néanmoins de la concurrence sur les lignes régionales avec New Air Antilles (SEM COM/EDEIS). Les prix des billets de vont pas pour autant diminuer chez Air Caraïbes, au contraire : « La transition écologique nécessite un saut technologique d’importance mais entre volonté politique et réalité technologique, il y a un gap » déclarait Eric Michel. L’augmentation des prix serait donc relative à la petitesse du marché local et aux contraintes environnementales et techniques imposées par l’utilisation d’un mix d’huiles qui coûterait quatre fois plus cher que le carburant. _Vx

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Faxinfo : https://www.faxinfo.fr/

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