Quel traitement judiciaire pour les pilleurs de Saint-Martin?

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Depuis le mois de septembre, 150 personnes ont été arrêtées pour des pillages. Certaines ont été jugées en comparution immédiate, d’autres comparaissaient hier au tribunal.

Trois mois après les pillages qui ont suivi le passage de l’ouragan Irma sur Saint-Martin, la réponse pénale s’organise. Deux journées d’audiences, dont la première a lieu hier, sont prévues pour traiter les dossiers de 70 pilleurs présumés poursuivis en justice. Certains d’entre eux seront notamment jugés pour «vols dans des locaux commerciaux». Ils encourent jusqu’à cinq ans de prison ferme. Les autres ont déjà été jugés en comparution immédiate ou on bénéficié de peines alternatives.

«Les pillages ont été durement vécus par la population», a récemment indiqué le procureur de la République de Basse-Terre, Samuel Finielz.

Voleurs «de denrées»

et «voleurs par opportunité»

Début septembre, les premiers pillages s’étaient organisés au lendemain d’Irma. De nombreux magasins avaient été vidés de leurs contenus par des habitants en quête de vivres, ou percevant dans ce drame l’opportunité de s’enrichir. «Les premiers sont des personnes qui ont trouvé la possibilité de rentrer facilement dans des épiceries ou des supérettes et volent de quoi boire et manger. Les gendarmes, eux-mêmes confrontés au manque de nourriture et d’eau, ne les traitent pas de la même façon que ceux qui volent du matériel», avait commenté la porte-parole.

Trois procureurs avaient été dépêchés sur l’île et au cours du mois suivant, les enquêteurs, qui ont exploité tous les renseignements, vidéos et photos à leur disposition, en dépit des circonstances particulières de l’ouragan, ont procédé à 150 arrestations.

Sept comparutions immédiates

Comme les gendarmes, la justice a, elle aussi, exercé une distinction entre les vols dits de nécessité et ceux d’opportunité. «Les réponses pénales ont été modulées en fonction de l’objet du vol», a confirmé Samuel Finielz. Il indiquait alors que sept des 11 personnes écrouées suite aux pillages avaient été jugées en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Basse-Terre et condamnées à des peines allant de trois mois de prison avec sursis, à un an d’emprisonnement ferme. Toutes ont été interpellées «en possession d’armes à feu» ou «alors qu’elles commettaient des vols dans des locaux commerciaux ou en possession de marchandises volées», ajoutait le magistrat. Quatre de ces condamnés ont été maintenus en détention.

La justice a aussi mis en place des peines autres que carcérales. Quarante-cinq mis en cause, poursuivis principalement pour des vols avec faible préjudice, ont fait l’objet «d’alternatives

aux poursuites», a annoncé le procureur. Ces personnes, sans antécédent judiciaire, devront effectuer des «travaux de nettoyage de l’île».

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