Nouveau point de Daniel Gibbs sur la situation sanitaire et économique à Saint-Martin

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Comme chaque lundi, en présence de la 1ère vice-présidente, Valérie Damaseau, le président de la Collectivité, Daniel Gibbs s’est prêté au jeu des questions-réponses avec les journalistes, lors du point d’actualité hebdomadaire, réalisé le lundi 27 avril dernier par Facebook Live.

 

1- La population n’a pas toujours ressenti la coordination entre la Collectivité, l’Etat et la Gouvernement de St Maarten dès le début de la crise, certainement pour respecter les compétences de chacun.

Pourquoi ce choix, sachant que la population s’attend à ce que la Collectivité assume sa place avec une approche tripartite ?

Cette question tombe à point nommé, car elle me permet de mettre les points sur les I à ceux qui voudraient encore faire croire à la population que chacun travaille dans son coin !

Surtout, cette question nous permet d’expliquer comment nous procédons avec madame la Préfète et madame la Première ministre de Sint Maarten pour cogérer cette crise sanitaire. Tout d’abord, nos concitoyens doivent savoir que les échanges avec nos homologues hollandais sont permanents. Que ce soit avec moi ou ma première vice-présidente, nos relations avec Sint Maarten sont bonnes, nous échangeons très régulièrement avec madame Sylvéria Jacobs. Ce qui n’empêche pas d’avoir certaines divergences d’opinion.

Il a également été instauré, depuis le tout début du confinement français, des réunions tripartites Etat/COM/Gvt de Sint-Maarten, qui ont lieu tous les lundis en visioconférence. Ces réunions nous permettent de faire un point d’étape sur chaque partie de l’île et aussi de régler certaines situations conjointes. En tant qu’élus, nous mettons tout en œuvre pour que les décisions qui concernent les deux parties de l’île soient prises conjointement.

Vous savez, IRMA nous a démontré toute la nécessité de ces réunions de coopération en temps de crise et nous veillons à appliquer cette résolution pour la crise Covid19, même lorsque les situations sont tendues.

Et si l’Europe fonctionne avec une institution telle que le Parlement européen, pour Saint-Martin les événements actuels – crises naturelles ou sanitaires – démontrent que l’instauration d’un United Congress Franco-Hollandais est plus que d’actualité : une nécessité. Et ce, pour que les décisions soient bénéfiques pour les deux parties.

Nous avançons, tout de même, ensemble car si Saint-Martin est une île partagée entre deux Nations, elle fonctionne aussi sous l’égide du Traité de Concordia et sa valeur historique « One island one people ». L’Etat, la Collectivité, le Gouvernement de Sint Maarten, les habitants de cette île…, nous sommes tous les garants de ce Traité.

L’unité fait partie de notre histoire et nos liens sont indéfectibles.

Cette crise nous le prouve : le contrôle des frontières entraîne de nombreuses difficultés pour nos concitoyens qui ont des activités ou des intérêts des deux côtés de l’île. Tout comme les cyclones, les épidémies ne s’arrêtent pas à la frontière, c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nos frontières sont actuellement filtrées et non closes, et c’est bien dans une gestion de crise partagée que nous nous inscrivons.

Les Saint-Martinoises et les Saint-Martinois le savent, c’est une situation momentanée.

2- En ce qui concerne le déconfinement, bien qu’il soit progressif, pouvez-vous nous indiquer le plan d’action pour assurer l’accueil scolaire en septembre 2020, sachant que plusieurs établissements indiquent déjà que les conditions ne sont pas réunies pour un accueil optimal des élèves ? Comment allez-vous notamment réorganiser la pause méridienne ? 

Rappelons avant toute chose que la réouverture des écoles est une décision tripartite : Etat/Collectivité/Rectorat. L’Etat décide d’une date de retour des élèves sur les bancs de l’école et la Collectivité s’assure que les bâtiments scolaires, qui lui appartiennent et dont elle gère la logistique technique, ainsi que le personnel qu’elle met à disposition, soient en capacité d’accueillir les élèves.

Pour répondre à cette question, la Collectivité a organisé une première réunion de concertation avec la communauté éducative, les représentants des parents d’élèves et les syndicats enseignants, le 20 avril dernier. L’objectif était de faire un premier tour d’horizon sur la situation et les besoins.

Pour le moment, nous travaillons à partir des annonces du Président de la République qui souhaite une réouverture progressive à partir du 11 mai. Je l’ai dit, nous ne prendrons aucune décision hâtive à Saint-Martin, la sécurité des élèves doit absolument prévaloir. Je dois m’entretenir sur ce point avec les services de l’Etat et le Rectorat cette semaine.

La rentrée de septembre sera évoquée dans un second temps mais nous y travaillons déjà.

L’organisation de la pose méridienne, le transport scolaire, l’organisation de la prise des repas à la cantine, la gestion des récréations, la distanciation sociale en classe, toutes ces questions font partie du travail transversal que nous menons avec les services du Rectorat et de la préfecture déléguée.

Il ne faut pas se précipiter, chaque questionnement doit trouver sa réponse au moment opportun. Ce qu’il faut retenir c’est que la décision sera concertée et en corrélation avec la situation sanitaire du territoire et les moyens mis à disposition par le gouvernement.

Je le répète, nous ne mettrons pas nos enfants en danger sous couvert de précipitation.

Toutefois, s’il devait y avoir des situations particulières en jeu, nous resterons ouverts à une discussion avec les autorités compétentes et à la recherche de solutions, tel que nous l’avons fait pour l’accueil très spécifique des enfants des personnels d’urgence dans nos écoles depuis le début du confinement.

3-La collectivité porte un projet assez noble, pour la réalisation de masques, pouvez-vous indiquer s’il s’agit d’une commande publique, d’un appel à projet pour les associations, pouvez-vous préciser le dispositif ? 

Nous l’avons expliqué la semaine dernière, nous avons lancé avec l’Etat, en partenariat avec la plateforme d’initiatives locale ISMA, un appel à contribution auprès des artisans couturiers pour la fabrication de masques lavables et réutilisables aux normes AFNOR. Ces masques sont destinés à la population scolaire. Ce dispositif est porté par la Collectivité et la préfecture et nous avons confié la logistique à Initiative Saint-Martin Active. La Fondation de France a été sollicitée par la Préfecture pour la prise en charge de l’achat du tissu.

Parallèlement à ce dispositif d’entraide, la Collectivité travaille sur un projet d’achat pour les habitants de l’île des masques en tissu lavables et réutilisables aux normes AFNOR, en passant par une centrale d’achat portée par la Région Ile de France.

4-Pouvez-vous donner plus de détails sur l’achat du matériel de dépistage, notamment sur le type de machine que vous envisagez d’acheter pour l’hôpital ?

 

Nous avons déjà identifié le type de machine correspondant à nos besoins, mais nous préférons attendre demain pour vous donner davantage de précisions sur cet achat.

Nous avons une réunion avec la directrice de l’ARS, demain mardi, qui nous permettra ensuite de préciser le dispositif qui sera choisi pour Saint Martin.

Nous ne manquerons pas de le faire en tout cas, pour que nos concitoyens soient pleinement informés sur ce dispositif qui me tient à cœur.

5- La partie hollandaise semble être en phase de pic de l’épidémie. Peut-on imaginer un déconfinement uniquement sur la partie française au 11 mai ? Le cas échéant, quid de la frontière ?

La partie hollandaise dénombre plus de cas confirmés que la partie Française. Toutefois, il est important de préciser qu’aujourd’hui, plus de personnes sont testées en partie hollandaise également.

D’où notre motivation à accélérer les choses et augmenter significativement les tests de dépistage, avec l’encadrement des professionnels de santé.

Comme nous l’avons annoncé par voie de presse hier : un premier dispositif de dépistage verra le jour cette semaine, dans un partenariat de la Collectivité avec le Centre Hospitalier Louis-Constant Fleming.

Quant au déconfinement, il sera indéniablement lié à la situation sanitaire du territoire. Il sera décidé par l’Etat et ses services : l’ARS et la Préfecture.

Pour ce qui est de la frontière, le cas du déconfinement est à l’étude ; et nous verrons alors si le filtrage est maintenu au-delà du 11 mai.

 

6-Le maintien de la fermeture des bars et restaurants au-delà du 11 mai par le gouvernement a provoqué d’importantes réactions sur le plan national. Mis à part les dispositifs nationaux d’aide à la restauration, la Collectivité va-t-elle mettre en place des mesures pour le maintien et la relance de cette activité majeure sur notre territoire ?

Oui effectivement, le gouvernement a annoncé qu’il se prononcerait sur le déconfinement des bars et des restaurants à la fin du mois de mai. C’est un sujet particulièrement sensible pour Saint-Martin où une grande majorité des entreprises évolue dans le secteur touristique et la restauration.

J’ai participé, ce matin, à une visioconférence avec le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne, sur le thème du Tourisme.

J’y ai rappelé la nécessité « vitale » pour Saint-Martin d’avoir une date précise de réouverture des bars et restaurants au plus vite. Ces établissements ont déjà beaucoup souffert avec Irma et ont besoin de visibilité. J’ai aussi proposé la diffusion d’un guide des bonnes pratiques pour la restauration.

Autre sujet majeur : Les conditions de la reprise d’un trafic aérien satisfaisant pour nos aéroports.

On ne pourra pas mettre indéfiniment la Guadeloupe et Saint-Martin « sous cloche », mais nous serons intransigeants sur les précautions sanitaires qui devront être prises au départ des passagers, avec les moyens publics nécessaires, pour éviter au maximum les cas importés.

J’ai également évoqué la relance de la destination touristique, à moyen terme. Paradoxalement, les Outre-mer peuvent se remettre plus rapidement que d’autres destinations, à condition que les tarifs aériens n’explosent pas !

J’ai demandé au ministre la mise en place de tickets tourisme permettant de favoriser le tourisme régional inter-îles dans un premier temps, avant l’ouverture au national et plus.

Je l’ai alerté sur la nécessité pour le gouvernement de se pencher sur la question du tourisme de croisière et des protocoles à mettre en place sachant que là encore, il est évident que nous serons extrêmement fermes sur les conditions d’accueils de ce tourisme.

Nous travaillons sur tous ces aspects avec mon exécutif, la direction générale et les équipes de la délégation Economique.

La question des établissements touristiques qui incluent les bars et les restaurants, est au cœur de nos réflexions.

Nous rencontrerons très bientôt les responsables des organisations socio-professionnelles qui représentent ces secteurs d’activité pour justement échanger avec eux et voir comment envisager ensemble la reprise.

Nous présenterons le moment venu notre Plan de relance de l’économie saint-martinoise.

7-Vous avez indiqué la semaine dernière vouloir rencontrer les acteurs et les services de l’Etat pour définir un plan de relance économique. Avez-vous avancé sur ce point et pouvez-vous nous indiquer les mesures du “Plan Marshall” de la Collectivité ?

J’ai pu évoquer cette question lors de notre échange avec le premiers ministre Edouard Philippe. Je l’ai déjà expliqué : pour pouvoir poser les bases du Plan de développement économique post Covid19, la Collectivité demande :

  • La révision du Contrat de convergence avec l’Etat sur les projets de développement conjoints
  • L’utilisation des fonds européens pour des dispositifs de sortie de crise Covid19
  • La mise en œuvre d’un Plan de sauvegarde des recettes de la Collectivité, avec notamment la révision du protocole Etat/COM qui court jusqu’à fin 2020.

Sur ces bases, nous mettrons en place des mesures d’accompagnement, nous avons déjà annoncé les grandes lignes et viendrons préciser ce plan dans le courant du mois de mai. Mais il est évidement que ce plan se construit conjointement avec l’Etat et sa représentation locale.

8-Le Président a pris un arrêté interdisant la baignade et les activités nautiques, jusqu’à quand comptez-vous maintenir cette interdiction ?

Au moment du confinement, le 17 mars, la Collectivité a effectivement pris un arrêté pour interdire l’accès aux plages et les activités nautiques, car de nombreuses personnes continuaient d’aller à la plage comme si de rien n’était. Ces activités sont incompatibles avec le confinement et il était logique de prendre cette décision.

Le confinement a été mis en place pour réduire la propagation du virus, il faut donc rester cohérent jusqu’au bout. Tant que le confinement est en vigueur, l’arrêté ne sera pas levé, il en va de la sécurité de nos concitoyens.

Au moment du déconfinement, nous verrons comment rétablir progressivement certaines activités.

Mais attention, il faudra continuer à éviter toute promiscuité car le virus sera certainement encore présent. Je comprends que certaines personnes ont envie d’aller à la plage pendant cette période d’inactivité mais la sécurité et l’intérêt collectif priment et il va falloir encore faire preuve de patience. Je rappelle que le virus circule, qu’il y a 12 décès sur la partie hollandaise, 3 sur la partie française et encore de nombreux cas, je ne veux prendre aucun risque pour la santé de nos concitoyens.

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