Les enseignants du Lycée Professionnel de Concordia tirent la sonnette d’alarme !

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Dans un courrier adressé au président de la Collectivité, Daniel Gibbs, à la Préfète déléguée des Iles du Nord, Anne Laubiès et au recteur de l’Académie de Guadeloupe, Camille Galap, les enseignants du Lycée Professionnel de Concordia dénoncent une situation devenue inacceptable tant sur le plan éducatif que sécuritaire. Quel avenir pour ces jeunes ? Vous avez dit situation alarmante ?  _AF

« L’ensemble des établissements, a repris du service dès le mois d’octobre 2017, dans les conditions que vous connaissez.

Le lycée professionnel qui n’a pu rouvrir que le 19 octobre 2017, soit deux jours avant les vacances de la toussaint…semble être l’oublié des responsables de tous bords (Collectivité, Rectorat, Etat), alors même que nous étions l’établissement qui totalisait le plus grand nombre d’enseignants présents sur l’île, quelques semaines après le passage du cyclone….

Cette reprise s’est faite dans des conditions déplorables, à savoir :

• Salles aux vitres ébréchées dans lesquelles les cours ont lieu, mettant en danger élèves et professeurs.

• Salles sans porte, ni fenêtres, ni électricité et avec des infiltrations d’eau.

• Portes de secours condamnées, avec des encadrements de porte décrochés, pouvant à tout moment tomber sur un usager.

• Ateliers prenant l’eau à la moindre pluie alors que les élèves s’y trouvent.

• Aucune barrière n’a été à ce jour remise. Le lycée est ouvert à tous vents… Ne sommes-nous pas en phase Vigipirate, comme tous les établissements de la République ?

A ce jour, aucun atelier n’est opérationnel. Par exemple, les lycéens font du câblage sans électricité, font des personnages en pâte d’amande en guise d’apprentissage de la pâtisserie…

Cette situation est fortement préjudiciable pour nos élèves qui se démotivent, faisant grimper davantage le taux d’absentéisme. Or, ils doivent présenter des examens professionnels comme leurs camarades de l’Académie. Vous n’ignorez pas les difficultés qu’ils rencontrent déjà en situation de scolarité normale. Nous vous laissons imaginer ce qui risque de se passer pour eux cette année.

Certains enseignants, découragés par le manque de considération de la part des instances dirigeantes, se sentent impuissants face à cette situation. Ils tombent quasiment en dépression et de ce fait doivent s’arrêter de travailler.

D’autres sont encore fidèles au poste, mais jusqu’à quand ? A titre d’exemple, un enseignant s’est démené pour obtenir un sponsoring d’une association d’artistes vivant dans l’Hexagone. Cette opération, nous a permis d’obtenir un grand nombre de matériel portatif afin que les élèves de la section bois puissent bénéficier de l’enseignement professionnel auquel ils ont droit et ce, malgré l’absence d’électricité. Il apprend cette semaine qu’il ne devrait pas les brancher au réseau électrique qui ne serait pas aux normes. Un autre, en mécanique auto, n’hésite pas à ses risques et périls à faire travailler ses élèves avec du matériel acheté sur fonds propres. En effet, à l’heure actuelle, en sus des infiltrations d’eau et des fientes de pigeons qui parsèment l’atelier, nous sommes toujours en attentes des rapports des diverses commissions de sécurité afin de pouvoir réutiliser, réparer ou changer les machines. Les élèves doivent pouvoir utiliser les ateliers pour s’entrainer à la pratique, sous peine de voir leur année invalidée.

Ce triste tableau que nous venons de vous dresser, montre à quel point nous sommes désabusés et très inquiets quant au devenir des élèves des classes de première et de terminale. Nous sommes aussi, très dubitatifs quant à la volonté réelle des décideurs d’améliorer la situation du lycée professionnel, en dépit des annonces faites par les uns et les autres sur l’importance de la formation professionnelle. Cette formation a-t-elle vocation à se faire hors éducation nationale ?

Il nous semble urgent de réunir l’ensemble des partenaires autour d’une table, afin que des mesures concrètes soient prisent dans l’intérêt des élèves et de l’économie de ce territoire. Il en va de sa stabilité et de son développement futur tel qu’il est préconisé depuis le passage de l’ouragan Irma : « la réussite éducative dans une société en mutation », cette problématique n’est-elle qu’une illusion ?

Un jeune formé, c’est un cerveau utile de plus pour la société et sans nul doute, un marginal de moins à supporter ».

Des enseignants exaspérés

du LPO de Saint-Martin

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