Justice : Une mère condamnée pour avoir régulièrement frappé ses enfants

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M.D, née en 79 à Port au Prince a été condamnée jeudi 20 septembre 2018 à six mois de prison dont trois avec sursis, pour des faits de violences habituelles sur mineurs, en l’occurrence, ses enfants.

C’est le cadet de la fratrie, Y. qui signale les faits en 2016 à l’assistance sociale de son établissement scolaire. Alors âgé de 15 ans, il déclare que sa mère le frappe régulièrement et lui demande de quitter le domicile familial. Il précise qu’elle utilise des chaussures, une ceinture et même le fil du fer à repasser pour le taper. Un certificat médical fait état de nombreuses cicatrices visibles sur le corps de l’adolescent. Y. explique que les violences ont commencé six ans plus tôt. Après le décès de leur père, son petit frère, sa grande sœur et lui sont allés vivre chez leur mère.

Une fois les faits signalés au procureur, les enquêteurs auditionnent les deux autres enfants. Le plus jeune, D., confie ne pas manger à sa faim. Il se sent faible en fin de matinée. « Il est tombé dans les pommes plusieurs fois à l’école » rapporte Mme L., une voisine chez qui les enfants se réfugient matin, midi et soir, pour prendre leurs repas. Le benjamin affirme avoir déjà vu sa mère frapper son frère et sa sœur. L’aînée, O., 16 ans à l’époque, explique que sa mère l’a invitée à interrompre ses études pour ramener de l’argent. Elle affirme qu’elle la frappe avec ce qui lui tombe sous la main : manche à balai, ceinture… « Son humeur est très changeante, sans raison apparente » témoigne-t-elle.

Mme L., chez qui les enfants ont depuis été placés, est la seule présente à l’audience jeudi 20 septembre. A la barre, alors que le président du tribunal lui demande de raconter les violences dont elle a été témoin, elle explique, les larmes aux yeux, que déjà toute petite, O. était blessée au visage par les griffures de sa mère. En parler lui coûte: « ça me fait mal, ils ont subi beaucoup de choses ». Parfois, apprend-on, O. est réveillée en pleine nuit par sa mère qui lui demande de faire le ménage, ou bien rentre dans sa chambre pour la tabasser sans raison. En plus des violences physiques, elle est sans cesse en train de la rabaisser. Elle a envoyé O. au lycée en Guadeloupe. Elle lui a acheté le billet d’avion et lui a donné un peu d’argent, mais ne l’a pas accompagnée. C’est Mme L. qui fait toutes les démarches pour que O. puisse manger à la cantine, prendre le bus et ait un endroit où loger. Elle a même dû acheter un autre téléphone portable à l’adolescente parce que la mère envoyait des messages perturbants à sa fille : « Tu vas rater ton bac »… O. a tout de même réussi à obtenir son bac avec mention et est depuis partie en métropole poursuivre ses études, soutenue par Mme L.

Auprès des enquêteurs, M.D a contesté les faits et simplement reconnu les gronder quand ils font des bêtises. Une expertise médico-psychologique la déclare accessible à une sanction pénale malgré ses troubles de l’humeur. M.D, est absente au tribunal. Elle n’a plus de contacts avec ses enfants. Elle est représentée par son avocate à qui elle a déclaré que cette affaire était « de l’histoire ancienne ». « Tout le monde le dit, elle a un problème mental. Elle imagine sa vie. Elle est dans le déni de la maltraitance » plaide la défense pour qui M.D est en dépression chronique.

Le procureur regrette l’absence de M.D et aurait préféré une expertise psychiatrique. Toutefois, pour le parquet il n’y a aucun doute, l’infraction est constituée : violences sur enfants avec pour circonstance aggravante le fait qu’elles soient commises par un ascendant. Il requiert six mois de prison avec sursis.

Après en avoir délibéré, le tribunal condamne M.D, qui n’a pas de casier judiciaire, à six mois de prison, dont trois avec sursis et deux ans de mise à l’épreuve, une obligation de soins et l’interdiction de contacter ses enfants. Le tribunal reçoit par ailleurs la constitution des victimes en partie civile. M.D doit les indemniser en versant 3000 euros à chacun de ses enfants.

(Source www.soualigapost.com)

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