Accident du Voyager : le capitaine jugé pour mise en danger d’autrui

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Le 26 août 2017, le Voyager heurtait le rocher Le Bœuf, près de Saint-Barthélemy, lors de la dernière traversée de la journée entre Oyster Pond et Gustavia. Trois personnes, parmi les 31 passagers et les trois membres d’équipage étaient légèrement blessées.

H.T, le capitaine du navire, et ex employé de la compagnie Voyager, comparaissait jeudi 18 octobre devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin pour « mise en danger d’autrui par violation manifestement délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence ». Il s’agissait de déterminer si le capitaine avait manqué de vigilance.

A la barre, le prévenu âgé de 32 ans est revenu sur le déroulé de la traversée et les mauvaises conditions de navigation. Bien qu’aucun bulletin météo n’ait prévu de mauvais temps, il s’est mis à pleuvoir quelques minutes après le départ, réduisant la visibilité. Le Voyager III étant en réparation, le capitaine doit effectuer la traversée à bord du Voyager 1, plus vétuste. « Ils ont réparé les appareils principaux mais plein d’accessoires pas forcément nécessaires ont été laissés pour compte » avance H.T. En l’occurrence, l’embarcation, autorisée à naviguer par les Affaires maritimes de Martinique, n’est pas équipée de radar, mais simplement d’un vieux GPS. « Comme nous naviguons près des côtes, nous prenons des repères visuels. De jour, il est possible de s’orienter sans GPS, mais s’il y a des complications on a besoin d’un radar » poursuit-il.

Le tribunal cherche aussi à établir si la présence de deux passagères dans la cabine a pu nuire à la vigilance du capitaine. « Il s’agit d’une ancienne employée et de son amie qui sont venues se réfugier sur la passerelle lorsqu’il s’est mis à pleuvoir » déclare H.T avant d’assurer qu’au moment des faits, «elles ne discutaient même pas entre elles et moi je suis resté dans mon truc ». Son avocat précise qu’il n’y a pas d’interdiction formelle que des personnes soient présentes dans la cabine et qu’au contraire « la courtoisie» avec les passagers est encouragée dans la compagnie.

Le parquet s’étonne par ailleurs que compte tenu de l’état du bateau et des conditions météo le capitaine n’ait pas refusé d’effectuer la traversée. « On ne peut pas reprocher à un salarié d’avoir refusé d’exercer son droit de retrait » s’indigne l’avocat de la défense.

H.T est au chômage depuis qu’il a signé une rupture conventionnelle avec son employeur en décembre 2017. Son avocat rappelle que le gérant de la compagnie avait déclaré après l’accident : « à mon avis il n’y a pas de faute flagrante mais une succession de circonstances ». H.T n’a pas fait l’objet de sanctions disciplinaires et par ailleurs, son casier judiciaire est vierge.

Selon le parquet, H.T n’a pas fait suffisamment attention à la position du rocher sur le GPS. « Il aurait dû freiner, faire un tour à 180° pour chercher le rocher ». Il lui reproche donc une « mauvaise appréciation des conditions de navigation » et requiert symboliquement une amende de 3000 euros dont 2000 avec sursis.

« Il n’a pas été question de jouer avec la vie des gens » plaide l’avocat de la défense qui demande la relaxe de son client. Si, après les faits, des rumeurs circulaient sur l’éventuel état d’ébriété du capitaine, l’avocat souligne que l’éthylotest de son client était négatif. « On lui a donné un outil de travail inopérant. Il n’y a pas eu de distraction ou de perte de vigilance ». Le jugement a été mis en délibéré au 15 novembre prochain.

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