Huit mois de prison ferme pour vol en réunion dans un local d’habitation

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Le dimanche 18 novembre dernier, vers 21 heures, V.W, 23 ans, vient de rentrer du travail et boit un verre sur sa terrasse lorsqu’il entend du bruit dans son salon. Pour faire un courant d’air, il a laissé sa porte d’entrée ouverte. Il se lève et en arrivant dans la pièce, s’aperçoit que sa console et ses jeux ont disparu, ainsi que son téléphone portable et 180 dollars en espèces. Il aperçoit deux individus courir dans l’autre sens tout en le regardant. Il attrape alors sa batte de baseball et se lance à leur poursuite.

Il n’ira pas très loin car il s’est blessé au genou deux jours plus tôt, et vient d’enlever son attelle. Il retourne sur ses pas et trouve sa console et ses jeux dans un sac en bas de son immeuble. Sur la route, devant sa résidence, il croise une patrouille de gendarmerie qui intervient tout de suite. L’un des deux voleurs, G.L, 19 ans, a la mauvaise idée de revenir sur les lieux quelques minutes plus tard et est alors interpellé. Il est placé en garde à vue et reconnaît les faits mais refuse de dévoiler l’identité de son complice, apparemment mineur.

G.L, 19 ans, comparaissait mercredi 21 novembre devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin dans le cadre de la procédure de comparution immédiate pour vol en réunion dans un local d’habitation. « Il est très connu de la juridiction » indique d’emblée le tribunal qui ajoutera un peu plus tard qu’il « est passé entre les mains de tous les juges ». En effet, ce jeune homme a entre autres été jugé jeudi dernier pour usage et possession de stupéfiants ainsi que violation d’une mesure d’éloignement suite à un précédent jugement pour violences. Jusque là, il n’avait obtenu que du sursis et avait promis de se mettre dans le droit chemin. Mais la patience du tribunal a ses limites.

« Je suis désabusé » avance le vice-procureur en introduction de son réquisitoire. G.L, qui vit dans un appartement que lui a laissé son père, dit avoir volé pour se nourrir. « Je ne suis pas un enfant con, mais j’ai des problèmes, j’ai pas de chance alors je me débrouille » vient-il d’expliquer depuis le box des accusés. «Vous ne pouvez pas dépouiller les autres pour vous nourrir » lui répond le vice-procureur.

Et d’ajouter « on ne pourra pas tolérer indéfiniment que vous veniez chaque semaine devant le tribunal ». D’autant que selon lui, il existe des aides dans notre société. Il lui conseille même d’aller pêcher. Et requiert un an de prison avec mandat de dépôt.

L’avocat de la défense ne sait pas trop quoi plaider. « C’est la difficulté d’arriver en bout de course » déclare-t-il. Il convient que même si G.L ne mange pas tous les jours à sa faim, la nécessité n’est pas une excuse aujourd’hui car un certain nombre de mesures existent pour l’aide alimentaire. Il explique que son client a essayé de trouver du travail mais qu’il ne va jamais plus loin que sa période d’essai. «Peut-être manque-t-il de compétences » commente-t-il. Mais tente de convaincre le tribunal qu’envoyer G.L en prison ne va pas lui rendre service. « On ne va pas en prison parce qu’on a faim » conclut-il.

Après en avoir délibéré, le tribunal déclare le prévenu coupable, le condamne à huit mois de prison ferme et ordonne son maintien en détention. G.L est parti hier après-midi en Guadeloupe où il est incarcéré. Le tribunal reçoit la constitution de partie civile de la victime qui doit se mettre en arrêt maladie pendant quinze jours, la course-poursuite ayant ravivé sa douleur au genou, et condamne G.L à lui verser 330 euros pour le préjudice matériel et 500 euros pour le préjudice moral.

(Source : www.soualigapost.com)

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