Daniel Gibbs fait un nouveau point sur la situation sanitaire et économique à Saint-Martin

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En présence de la 1ère vice-présidente, Valérie Damaseau, le président de la Collectivité, Daniel Gibbs s’est prêté au jeu des questions-réponses avec les journalistes, lors du point d’actualité hebdomadaire, réalisé le lundi 20 avril dernier par Facebook Live.

1-Pourriez-vous maintenir l’ensemble des établissements scolaires fermés même si le ministère de l’éducation et le rectorat demandent la reprise des cours ?

Nous souhaitons vraiment une décision concertée sur la réouverture des écoles. La priorité est de connaître la méthode et les ressources que le gouvernement mettra à la disposition des collectivités pour leur permettre de rouvrir les établissements scolaires dans des conditions sanitaires optimales.

C’est là le point essentiel, car il n’est pas question de mettre nos enfants, la communauté éducative et toutes les familles de cette île en danger, à cause de décisions précipitées.

Nous considérons qu’avant de décider de renvoyer nos enfants sur les bancs de l’école, l’ensemble des conditions de sécurité et d’hygiène doivent être réunies. Et il faut aussi que ces conditions soient en cohérence avec la situation sanitaire de notre territoire et les moyens rendus disponibles par le Gouvernement pour protéger notre population.

C’est pourquoi, j’ai souhaité m’entretenir avec les acteurs de l’éducation. La décision finale, qui les concerne en premier lieu, doit pouvoir être tenue.

Bien entendu, nous avons le devoir d’envisager le retour à une activité à Saint-Martin… il faut par contre intégrer le fait que ce retour sera radicalement différent de la vie que nous avions avant.

 

2- Pensez-vous que la frontière doit rester filtrée et contrôlée comme aujourd’hui tant que la situation n’est pas complètement réglée du coté hollandais ?

À l’heure actuelle et compte-tenu de la situation sanitaire sur la partie hollandaise, les acteurs compétents en la matière considèrent qu’il est plus sage de maintenir, pour l’heure, ce dispositif de contrôle.

Je rappelle que nous l’avons instauré conjointement suite aux mesures prises par la Première ministre de Sint Maarten.

Nous ne sommes pas favorables à la fermeture des frontières entre nos deux pays, nous sommes attachés au Traité de Concordia qui nous lie depuis 374 ans, mais nous traversons une crise sanitaire sans précédent et la santé de nos concitoyens est en jeu.

C’est un cas de force majeure. Nous devons nous protéger mutuellement.

Il est important, quelle que soit la décision, qu’elle soit prise en concertation

 

3-Les passages relativement fréquents des véhicules et résidents de Sint-Maarten à la Frontière de Bellevue et de Belle Plaine ne vous inquiètent-ils pas quant à la propagation du Covid-19 en partie française ?

C’est un sujet que nous avons abordé avec madame la Préfète et la Première Ministre Sylvéria Jacobs, car effectivement, nous avons constaté un va-et-vient élevé ces derniers jours.

Nous devons faire en sorte que les personnes qui ont besoin de passer la frontière pour le travail puissent le faire, mais les forces de l’ordre doivent aussi se montrer intransigeantes pour éviter les abus.

Nous avons constaté une recrudescence des véhicules sur la route depuis mardi dernier. Je sais qu’il y a des contrôles systématiques, mais je le rappelle nos concitoyens doivent rester chez eux et se déplacer qu’en cas d’absolue nécessité, et ceci, tant que l’Etat maintiendra les mesures de confinement sur l’île.

Mieux nous respecterons ces règles, plus vite nous pourrons en sortir.

4-Le président a annoncé un appel à manifestation pour fabriquer des masques. La préfète a aussi déclaré vouloir faire appel aux bénévoles couturiers pour fabriquer des masques. S’agit-il de la même initiative ?

Il s’agit effectivement de la même démarche de départ. Nous avons lancé cet appel à contribution conjointement avec l’Etat et Initiative St Martin Active.

Toutefois, la démarche de la Collectivité concerne prioritairement l’équipement en masque de la population des quartiers sensibles. La Préfecture semble davantage s’orienter sur l’équipement des enfants et enseignant dans le cadre d’une reprise des cours.

Dans les deux cas, la matière première sera fournie aux artisans.

A l’issu de l’appel à candidature qui sera clôturé demain, nous communiquerons sur les conditions arrêtées conjointement.

5-La Collectivité a annoncé un fonds exceptionnel de 5M€, allez-vous confier ce fonds à des organismes compétents en la matière ?

En effet, nous nous sommes tournés vers les deux acteurs associatifs du financement des entreprises : ADIE et ISMA. Le travail est en cours, nous communiquerons sur ces partenariats dès qu’ils seront actés.

6-Dans quelle mesure la Collectivité pourrait « faire pression » sur les banques locales afin qu’elles jouent le jeu et permettent aux entreprises d’accéder plus facilement aux prêts garantis à 90% par l’Etat (Bpifrance) ?

La Collectivité ne peut pas faire « pression » sur les banques. Nous nous sommes entretenus avec leurs représentants locaux il y a 15 jours. Nous prévoyons de faire un point d’étape sur l’accompagnement de nos entreprises car nous constatons certains blocages malgré leur discours rassurant début avril.

7-Vous avez annoncé souhaiter recourir à un programme de dépistage massif au moment du déconfinement, tout en précisant qu’il ne sera pas possible de tester l’ensemble de la population. Quels seront les critères de sélection pour ces tests ?

Comme je l’ai expliqué, les tests seront réalisés par le corps médical selon un protocole prédéfini par les médecins, sous le contrôle de l’ARS.

La collectivité s’est proposée pour prendre en charge l’achat du matériel pour le dépistage. Il s’agit d’acquérir dans un premier temps des machines pour les tests sur personnes symptomatiques et 2400 kits de tests sérologiques.

 

Les délais d’acquisition sont longs : 3 semaines dans le meilleur des cas. Il faut donc se montrer prudents et user de tous nos réseaux pour obtenir rapidement ce matériel.

 

Il est important de préciser que les tests devront être prescrits par le corps médical pour être pris en charge par la sécurité sociale. Mais les modalités ne sont pas arrêtées et ne relèvent pas de la Collectivité qui a concentré son effort sur la mise à disposition d’un matériel fort rare et précieux en ce moment. La collectivité garde la possibilité d’intervenir financièrement sur ce volet si cela s’avère indispensable.

8-Nous constatons un grand nombre de personnes sans masques ou avec des masques « faits maison ». Une distribution de masques à l’ensemble de la population est-elle prévue avant le 11 mai, notamment pour faire ses courses ?

Ce n’est pas de notre ressort d’équiper la population. En revanche, à notre niveau, nous mobilisons les acteurs économiques pour trouver des solutions. Certains ont commencé à imposer des règles sanitaires pour accéder à leurs enseignes.

Nous avons commandé du matériel de protection pour notre personnel et chaque entreprise doit se montrer responsable et en faire de même pour ses salariés, du moins dans un premier temps.

Par ailleurs, les masques ayant une durée de vie très courte et étant polluant, nous avons opté pour la fabrication de masques barrières homologuée AFNOR qui sont lavables à 60° minimum et réutilisables.

Le 11 mai est la date fixée par le président de la République pour une réouverture progressive des écoles. Il ne s’agit pas de la fin du confinement. Il faut faire la différence.

Quoi qu’il en soit, nous sommes partisans du port d’une protection sur le visage (jetable ou lavable), dès que l’on sort de chez soi, surtout lorsque l’on se rend dans des endroits clos tels que des épiceries et des supermarchés.

9-Le problème de l’accès internet est amplifié par la crise, certains quartiers n’ont pas du tout d’accès ou un accès détérioré à cause d’une saturation des réseaux. Avez-vous échangé avec les opérateurs à ce sujet ?

 

Nous sommes effectivement intervenus auprès des opérateurs Internet pour les alerter sur la nécessité d’avoir un accès suffisant en cette période de crise. Tous m’ont assuré de leur mobilisation.

Les travaux d’enfouissement se poursuivent à Morne Valois. Le programme a été ralenti par la crise, notamment parce que les entreprises ont des contraintes lourdes en matière d’hygiène et de sécurité, mais tout qui est possible de faire, nous le faisons.

10-Avez-vous déjà commencé à travailler sur un calendrier de réouverture des restaurants et commerces ? 

 

Il est encore trop tôt pour se prononcer sur un planning de réouverture des restaurants et des commerces ce qui ne veut pas dire que nous ne travaillons pas déjà sur ces aspects. Nos équipes sont en liaison régulière avec les organisations patronales et les associations socio-professionnelles et donc parfaitement au fait de leurs problématiques.

Ce sont des décisions que nous prendrons dans la concertation. Nous ferons le point très bientôt avec les organismes concernés sur cette question.

 

11Vous avez précisé qu’une circulaire était en cours de création pour permettre à la collectivité de bénéficier des mesures d’urgence décrétées par le gouvernement pour faire face au Covid, avez-vous eu une réponse du ministère des outre-mer ?

Le Ministère de l’outre-mer nous a rassurés sur le droit de la Collectivité de Saint-Martin à prétendre à l’ensemble des dispositifs économiques nationaux.

En ce qui concerne la dématérialisation de nos conseils territoriaux, permettant de mettre en application certaines mesures, nous avons eu l’autorisation de fonctionner au même titre que toutes les autres collectivités.

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