Aéroport, distribution de l’eau, relance du tourisme, dépistage PCR, nautisme, Daniel Gibbs répond aux questions des journalistes

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Comme chaque lundi, en présence de la 1ère vice-présidente, Valérie Damaseau, le président de la Collectivité s’est prêté au jeu des questions-réponses des journalistes. Les sujets abordés ont été nombreux.

1) Depuis Irma, il s’agit de la 2e crise que traverse l’aéroport international Princess Juliana, avec des conséquences graves sur sa gestion. Ne serait-il pas judicieux de réfléchir à une gestion partagée de Juliana entre la partie hollandaise et la partie française et de demander une réduction temporaire des taxes aéroportuaires afin de faire baisser les prix des billets d’avion et ainsi de relancer le tourisme ? Est-il aussi possible de le faire à Grand Case ?

blankPrincess Juliana est l’aéroport international de l’île de Saint-Martin. Il est situé sur la partie hollandaise ce qui fait que sa gestion, tout comme son financement, dépendent directement des autorités de Sint Maarten. On ne peut pas changer l’histoire.

Réduire les recettes d’exploitation en période de crise pourrait représenter un risque pour l’équilibre financier des aéroports. Les sociétés gestionnaires de nos aéroports pourront vous expliquer plus en détails comment sont fixées les taxes aéroportuaires, qui sont généralement établies en fonction des coûts d’exploitation des sites aéroportuaires.

Néanmoins, le sujet de la coopération concernant ce type de structure se pose de façon légitime, notamment à travers une réflexion conjointe sur les stratégies de relance post crises.

Dans ce domaine, le trafic aérien, les capacités d’accueil et la stratégie de développement touristique des deux territoires sont interdépendantes. L’Office de tourisme de Saint-Martin travaille déjà sur ces aspects avec l’aéroport Princess Juliana et les acteurs du secteur touristique des deux parties de l’île.

Je rappelle que nous avons signé un Protocole avec Sint Maarten, qui nous permet de mutualiser nos stratégies de promotion touristique à l’international. Madame Damaseau, en sa qualité de présidente de l’Office de tourisme, a déjà tenu plusieurs réunions dans ce domaine d’intervention. Ce travail conjoint est donc en cours.

2) Le week-end dernier, la distribution de l’eau a été perturbée. Dans le dernier communiqué, il est précisé que la production est de 6 700 mètres cubes par jour alors que sur de nombreux documents officiels, il est indiqué que la capacité de production est de 9 000 mètres cubes. Comment explique-t-on cette différence ?

blankIl faut toujours garder à l’esprit, et singulièrement sur un territoire sans points d’eau naturels (ou si peu) comme Saint-Martin, que l’eau est une denrée précieuse et qu’il faut la préserver.

Dans ce contexte, nous sommes par définition, en flux tendus permanents.

Je remercie l’Etablissement des Eaux qui nous a apporté des éléments concrets pour vous répondre :

– La progression des besoins par rapport à 2019 est passée de 5300 m3 à 6600 m3 par jour aujourd’hui. Depuis Irma, nous avons constaté une augmentation significative du nombre de consommateurs, certainement liée à la reconstruction.

– S’agissant de la capacité de production d’une usine de dessalement comme la nôtre, on admet généralement un abattement de 20% pour la maintenance de l’installation, ce qui porte la capacité de production à 9000 – 20%, soit 7200 m3 /jour.

– Notre usine a besoin d’être rénovée. Les travaux ont débuté et vont durer jusqu’au deuxième trimestre de 2021. La fourniture des membranes de production, à elle seule, demande 6 mois à un an de délais. Ce marché de 4,5 M€ va permettre de renforcer les moyens existants de l’usine.

– Nous avons aussi un projet d’extension nécessaire pour augmenter la production qui permettrait de produire 3000 m3/jour, supplémentaires. Ce projet est au stade de l’appel à candidature, son coût a été estimé à 3 M€.

Je profite de cette question pour remercier l’implication de la SAUR qui dépêche en permanence une équipe de recherche de fuites et 2 équipes d’intervention sur les casses de réseaux. Ces équipes travaillent essentiellement de nuit pour gêner le moins possible les usagers.

Cet équilibre entre production et distribution est effectivement tendu. Il faut dire que les réseaux de canalisations sont vétustes ce qui provoque des fuites à répétition.

Ces travaux sont à nos yeux prioritaires et nous avons acté avec l’EEASM un programme de réhabilitation sur les 3 années à venir. Ce chantier n’a jamais été entrepris par nos prédécesseurs. Et c’est l’un des grands actes de notre mandature.

3) La Collectivité devait réceptionner un automate de dépistage PCR la semaine dernière. Cette machine est-elle déjà en fonction ? Qui sera testé prioritairement et quel en sera le bénéfice ?

La machine de dépistage commandée par la collectivité pour l’hôpital est arrivée en Guadeloupe et devrait être acheminée sur le territoire cette semaine.

Le laboratoire BIOPOLE a réceptionné sa machine de dépistage et 25O tests.

Les matériels ainsi que les tests sont délivrés au niveau national en fonction des priorités et non pas des commandes faites. Ainsi, même si nous avons passé commande des machines, nous n’avons pas forcément de visibilité sur leur date de livraison.

Concernant les dépistages à réaliser en priorité, cela fera l’objet d’une concertation sur le public prioritaire, comme pour la campagne de dépistage qui a été faite par l’hôpital en lien avec la Croix-Rouge et les conseils de quartier pour mesurer le degré de circulation du virus sur le territoire, durant les 15 jours derniers. Même si un seul cas a été dépisté positif, il faut poursuivre les efforts collectifs et maintenir les gestes barrières.

Toutefois, la gestion et le protocole d’utilisation du matériel commandé par la Collectivité seront de la responsabilité exclusive de l’Hôpital et de sa directrice Mme Lampis.

4) Quelle stratégie sera mise en place pour favoriser et dynamiser l’économie locale et le tourisme régional ces prochains mois ?

La dynamisation de notre économie est l’une de nos priorités. D’une part, nous renforçons les programmes que nous avions déjà initiés. Nous l’indiquions tout à l’heure, sur les 5M€, que la collectivité a engagés dans l’aide directe aux entreprises, une partie du fonds sera dédiée à l’aide à l’investissement pour les commerces et les restaurants, grâce à l’élargissement du dispositif « Mon Beau Commerce ».

Nous avons également travaillé sur la relance économique et le développement de la Commande publique pour soutenir notre économie.

Par ailleurs, nous travaillons avec l’Office de Tourisme sur des actions de redynamisation du secteur touristique.

Ainsi, dès le début du mois de juillet, l’Office devrait mettre en place le concept de staycation ou comment passer des vacances au « pays ».

Il s’agit de proposer une aide directe à la reprise du secteur, via la consommation d’offres touristiques et de loisirs localement.

Afin de répondre à cette situation tout en apportant une aide significative aux acteurs locaux du tourisme, l’office de  tourisme  de Saint-Martin a choisi de consacrer 500 000 € de son budget à cette opération qui vous  sera présentée en détails dans les prochains jours.

Cette somme sera directement injectée dans les entreprises locales par le biais de coupons utilisables, sous conditions, par les résidents de Saint-Martin désireux de profiter d’un séjour à l’hôtel, d’un repas au restaurant, d’une activité de loisirs durant cette période de l’année. Cette opération permettra également aux résidents de découvrir ou redécouvrir les atouts de notre territoire et les incitera à se positionner en premiers touristes de Saint-Martin.

Le programme est en train d’être finalisé. La semaine dernière, l’Office de tourisme a eu un premier échange avec des entrepreneurs des différentes catégories d’hébergement, de la restauration et des activités de loisirs.

Il se sont montrés très favorables quant au principe de ce projet qui  est conçu pour les aider eux, ainsi que toutes les professions qui gravitent autour.

Toutefois, beaucoup d’entre eux s’interrogent sur le fait d’ouvrir leurs structures durant cette période ou d’attendre la haute saison prochaine. En effet, nombreux sont les établissements qui ne parviennent réellement à fonctionner qu’avec une clientèle extérieure. Selon les discussions en cours, le « Staycation » devrait permettre de mobiliser au moins 30% des établissements ouverts.

Une campagne de sensibilisation sera menée auprès des habitants de Saint-Martin sur les atouts touristiques disponibles localement. Le secteur touristique est l’affaire de tous et chacun doit pouvoir en profiter à son niveau. Nous avons tous un rôle à jouer pour que l’économie touristique survive et se relève, et cela commence naturellement par la connaissance de nos atouts, naturels, culturels, de loisirs ou d’évasion.

Le plan vous sera dévoilé dès que les échanges avec les acteurs seront clos.

Sur le plan du tourisme régional, bien que le contexte demeure incertain, un travail concerté se fait entre les territoires des Antilles et la Guyane mais aussi avec nos voisins anglophones. Nous partageons des problématiques et des enjeux similaires.

De nombreuses discussions sont en cours et des besoins émergent à plusieurs niveaux notamment en termes de protocoles aériens.

L’office de tourisme d’est d’ailleurs entretenu avec l’aéroport de Juliana et les iles avoisinantes qu’il dessert. L’objectif est, dans un premier temps, de reconstruire une opportunité de tourisme entre les territoires de la région.

Avec nos homologues guadeloupéens, martiniquais et guyanais nous travaillons sur les modalités mises en place sur nos territoires respectifs en lien avec le déconfinement et la circulation entre nos îles. Mais pour l’instant nous avançons au gré des  annonces du  gouvernement et de ses représentations locales. Nous espérons y voir plus clairs dans les toutes prochaines semaines, mais il y a une volonté claire de travailler ensemble.

Et ne dit-on pas que là où il y a une volonté, il y a un chemin.

5) Les opérateurs nautiques de Day Charter sont fortement impactés et pour certains en péril, à cause des crises successives. Bien que ce secteur relève des blankcompétences des Affaires Maritimes de l’Etat, la Collectivité a aussi son rôle à jouer dans le cadre de la relance économique. Ce secteur peut-il espérer une reprise de leur activité dans des délais raisonnables ? 

Nous avons constaté comme vous, vendredi 22 mai, la levée de l’arrêté préfectoral qui interdisait la plaisance dans le cadre de la crise de Covid-19. Désormais, la navigation à voile est à nouveau autorisée dans un rayon de 3 miles autour des côtes de Saint-Martin. L’accostage sur les îlets est également autorisé. Nous sommes bien évidemment entièrement favorables à cette reprise d’activité.

Nos entreprises locales, toutes activités confondues, doivent pouvoir reprendre leurs activités, dans un cadre sanitaire sécurisé et dans le respect des gestes barrières. Après deux mois à l’arrêt, il est aujourd’hui vital pour ces entrepreneurs, au même titre que tous les autres, de pouvoir relancer leur activité professionnelle. Le contexte économique est déjà très difficile, n’ajoutons pas des difficultés aux difficultés.

6) Monsieur le Président, vous avez dû faire face à Irma dans des conditions d’anthologie et vous êtes plus que bien d’autres responsables de Collectivités conscient du risque et du chaos. La saison cyclonique est là, la Collectivité travaille à sa préparation, mais Saint-Martin affiche encore de nombreux chantiers privés qui ne seront jamais terminés avant la nouvelle saison. N’y a-t-il pas des mesures que la Collectivité pourrait prendre dans son périmètre de compétences, notamment au niveau de la police de l’urbanisme, pour que ces chantiers sortent de l’impasse au bénéfice de leurs occupants et éviter qu’ils ne se transforment en projectiles en cas d’ouragan ?

Chaque année, au démarrage de la saison cyclonique, la collectivité met en place une communication spécifique à l’égard des responsables des chantiers privés pour les inviter à prendre toutes les précautions d’usage et les mesures de consolidations des matériaux présents sur les chantiers.

On ne peut que réitérer cette mise en garde et leur demander de se préparer pour une sécurisation maximale de leurs chantiers, en fonction de l’évolution de leurs travaux. En cas de non-respect de ces avertissements, la Collectivité pourra procéder à la mise en demeure de ces propriétaires ou entrepreneurs. Chacun doit prendre sa part dans la préparation de la saison cyclonique, chacun doit procéder aux vérifications nécessaires pour une sécurité maximale. En cas d’alerte cyclonique, le service des Risques Majeurs et la police territoriale se déplacent sur le terrain pour sensibiliser les responsables des chantiers ou les copropriétés.

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