Assises des Politiques / Sociales et de l’Insertion : Les premières doléances formulées à Sandy-Ground

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La première réunion publique organisée par la Collectivité dans le cadre des assises des politiques sociales et de l’insertion, s’est déroulée mardi dernier à Sandy-Ground.

Le but de ces assises est «d’écrire en lien avec les habitants une nouvelle politique sociale et de l’insertion sur le territoire tout en répondant à leur problématique quartier par quartier», avait expliqué le matin lors du lancement de l’événement, Annick Petrus, la vice-présidente en charge du Pôle solidarité familles. Elle veut récolter les doléances de chacun pour pouvoir mettre en place des actions. Dès les premières minutes, elle a ainsi donné la parole au public qui n’a pas manqué de livrer ses remarques, limitant les interventions des deux intervenants invités par la COM.

Erika Sennoaj, ingénieure sociale, avait commencé à expliquer le fonctionnement des politiques publiques et l’intérêt pour la population de s’exprimer en faisant remonter ses problèmes auprès des élus. «D’un côté on a des élus qui produisent des politiques, des décisions et qui peuvent continuer à en produire même si elles ne satisfont pas le public car de l’autre on a ce public qui ne va pas dire ce qui ne va pas », a commencé à expliquer l’ingénieure en prenant ensuite l’image suivante : «quand on a faim, on va où ? ». Elle n’a pas eu le temps de terminer sa démonstration lorsqu’un homme du public l’a interrompue en disant : « nous on a faim mais il n’y a rien à manger… Il n’y a pas de travail, pas d’argent, …».

Frédéric Dumesnil, médiateur social et d’insertion à la ville de Baie-Mahault et formateur psycho boxe, et deuxième intervenant invité à ces assises, a lui expliqué qu’il est issu d’un quartier défavorisé où la délinquance était grande. «Il faut se dire que les problèmes doivent être réglés par nous avec l’aide de la collectivité. Dans notre quartier, on avait des problèmes à régler tout de suite. Alors on a proposé un projet, celui de créer de petites entreprises. C’est ainsi qu’un lavage de voitures s’est monté, puis le voisin a vu que ça fonctionnait et lui il a voulu ouvrir une boulangerie, et ainsi de suite. Aujourd’hui notre quartier n’est plus un quartier connu pour son insécurité », a-t-il raconté.

Mais le public n’a pas réagi aux interventions et a préféré livrer pêle-mêle les problèmes de l’île : manque de repères dans les familles en raison de l’absence des pères, manque d’éducation et d’accès à la culture, règles coutumières trop peu prises en compte, manque de considération des bénévoles et des associations, des entreprises locales dans les marchés publics, etc.

Plusieurs interventions ont porté sur l’emploi et le faible accès aux postes par les Saint-Martinois. L’exemple a été pris dans la reconstruction et dans la restauration : «alors que le pays est en reconstruction, de nombreux jeunes ne travaillent pas car les entreprises font appel à de la main d’œuvre étrangère. (…) Des métropolitains qui sont peut-être là depuis vingt ou trente ans et qui sont considérés comme des Saint-Martinois d’adoption n’embauchent pas pour autant des Saint-Martinois», a-t-on pu entendre.

D’autres personnes ont souhaité savoir comment la COM distribuait ses subventions aux associations, comment l’argent alloué à la reconstruction avait été distribué «alors que des maisons sont encore sans toit».

De plus, le système administratif a largement fait l’objet de critiques. «Depuis que l’Etat français et les aides sociales ont été instaurés sur le territoire, les Saint-Martinois se sont appauvris», a commenté une personne dans le public. La difficulté à remplir les dossiers et répondre aux appels d’offre a également été soulignée comme frein, tout le monde n’étant pas en mesure de le faire.

Enfin, un jeune du quartier a insisté sur la «volonté » de faire bouger les choses. S’il n’y a pas de volonté, que ce soit celle des riverains ou des élus, rien ne bougera a-t-il laissé sous-entendre. Il a aussi suggéré aux élus que de petites actions pouvaient être mises en place facilement en mobilisant peu d’argent. «Par exemple mettre en place un bus pour permettre aux personnes âgées de se déplacer. »

Annick Petrus, Valérie Damaseau, Jean-Sébastien Hamlet, Yolande Sylvestre ainsi que la nouvelle directrice générale adjointe du Pôle Solidarité Familles ont pris note des remarques formulées à Sandy Ground. Ils les compileront avec celles qui ont été émises hier soir à Concordia, aujourd’hui  à Grand Case et vendredi à Quartier d’Orléans pour rédiger un rapport et un livre blanc.

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