Politique / 6ème Comité Interministériel pour la reconstruction des Iles du Nord (suite)

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Ce comité a réuni autour d’Édouard PHILIPPE, 17 ministres, secrétaires d’État et directeurs de cabinet, dont les services sont tous impliqués dans la reconstruction, ainsi que Philippe GUSTIN, préfet de la région Guadeloupe et délégué interministériel pour la reconstruction des îles de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin. Daniel GIBBS, président de la collectivité de Saint-Martin, et Bruno MAGRAS, président de la collectivité de Saint-Barthélemy, ont également pris part à la réunion.

Cyclone le plus puissant jamais observé dans les Petites Antilles, IRMA a causé le décès de onze personnes et occasionné des dommages considérables à Saint-Barthélemy et Saint-Martin. La quasi-totalité des bâtiments a été impactée sur les deux îles. Près de 20 % des bâtiments ont été détruits ou sévèrement endommagés sur Saint-Martin et 2,5 % sur Saint-Barthélemy.

Le coût total des dégâts assurés est estimé aujourd’hui à 1,9 milliard d’euros, un chiffre considérable pour des îles qui comptent moins de 40000 habitants. Début septembre, environ 95 % des sinistrés assurés avaient reçu un règlement total ou partiel de leur dossier. 68 % de la charge financière totale a été réglée par les compagnies d’assurance, soit 1,27 milliard d’euros.

Après le rétablissement de l’électricité, de l’eau courante et des services publics dans les semaines qui ont suivi le passage de l’ouragan, le processus de reconstruction a réellement pu débuter à la mi-novembre à Saint-Barthélemy et début mars à Saint-Martin. Selon les données du programme spatial européen Copernicus, le taux de reconstruction des bâtiments détruits ou très endommagés avoisinait les 35 % à Saint-Martin et 60 % à Saint-Barthélemy début juillet.

Un an après IRMA, Saint-Martin et Saint-Barthélemy reconstruisent progressivement leur économie

À l’heure actuelle, les stigmates d’IRMA ont quasiment été effacés à Saint-Barthélemy. A Saint-Martin, où les destructions ont été beaucoup plus fortes du fait d’une qualité moindre du bâti et où les difficultés locales restent plus prégnantes, de nombreuses habitations restent encore dans un état précaire, malgré des progrès réels dans certains quartiers comme Marigot ou Grand-Case ; certaines ne peuvent pas être reconstruites en raison des risques auxquelles elles sont exposées. L’enfouissement des réseaux électriques – un enjeu crucial pour rendre les deux îles plus résilientes face aux ouragans – a également bien avancé : plus de 20 kilomètres de réseaux seront enfouis d’ici la fin de l’année sur 70 kilomètres au total.

Malgré une saison touristique 2017/2018 quasiment blanche, l’économie des Iles du Nord ne s’est pas effondrée grâce au BTP local et aux mesures de soutien prises par l’État. Le dispositif adapté de chômage partiel mis en place à Saint-Martin et Saint-Barthélemy a permis de conserver plus de 9000 salariés dans l’emploi pour un coût qui pourrait avoisiner 75 millions d’euros d’ici la fin de l’année. Ce dispositif a permis une quasi stabilité du chômage à Saint-Barthélemy et une légère diminution du chômage à Saint-Martin depuis un an.

Aujourd’hui, les perspectives de la prochaine saison touristiques s’annoncent favorablement pour Saint-Barthélemy : tous les hôtels seront ouverts pour la prochaine saison 2018/2019, à l’exception de quatre ouvertures d’établissements encore conditionnelles. A ce jour, les taux de réservation sont de l’ordre de 100 % pour le mois de décembre et 80 % pour le reste de la saison (janvier à avril). A Saint-Martin, la reprise du secteur hôtelier reste plus lente mais 800 chambres d’hôtel devraient être prêtes pour le démarrage de la saison touristique.

Concernant les finances de la Collectivité de Saint-Martin, celles-ci se maintiennent aujourd’hui à un niveau satisfaisant malgré le coup d’arrêt porté à l’économie après IRMA.

La situation reste toutefois tendue et l’aide financière de l’État cruciale. En 2018, l’État apportera 50 millions d’euros à la Collectivité au titre de son budget de fonctionnement (paiement des salaires etc.). En contrepartie de cette aide financière exceptionnelle de l’État, la Collectivité va présenter un plan de réforme de sa fiscalité et de la gestion de ses finances d’ici le mois de décembre. L’État s’est aussi engagé lors du comité interministériel du 12 mars à financer un tiers des dépenses d’investissement de la Collectivité, soit 66 millions d’euros. Sur cette somme, 6 millions d’euros viennent d’être débloqués au titre du Fonds d’urgence logement pour financer la rénovation du logement social.

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